Cette fiche fait l’inventaire des bénéfices qu’apportent les écolieux souvent appelés désormais « les oasis » avec de nombreux exemples (1). Elle donne ensuite plusieurs clés pour soutenir de telles initiatives à l’échelle communale et inter-communale (2).
Partout en France, des collectifs citoyens créent de nouveaux lieux écologiques et solidaires appelés écohameaux, habitats participatifs, fermes collectives, tiers-lieux… désignés parfois par le terme « oasis ». Ces 1400 lieux répertoriés dans l’hexagone inventent de nouvelles manières de faire société : loin d’être des utopies irréalisables, ils sont de véritables laboratoires de démocratie qui vitalisent le milieu rural.
Les oasis apportent une réponse systémique aux enjeux de société actuels en termes de lien social, de rénovation du patrimoine, de préservation écologique et de revitalisation des territoires. Ils créent des activités économiques, relocalisent la production alimentaire tout en cultivant des liens respectueux à la terre, préservent la biodiversité, accueillent et prennent soin des plus vulnérables, et sont de véritables pourvoyeurs de « services publics de proximité » notamment en matière culturelle, alimentaire et de solidarité.
Le contexte : Un Français·e sur quatre déclare régulièrement se sentir seul·e— un sentiment qui continue de croître, notamment chez les 25-39 ans où l’on observe un relâchement des liens sociaux.
À retenir : 83% des habitant·esen oasis estiment que vivre en écolieu leur a permis de contribuer à une action collective en faveur de l’intérêt général et 74% expriment s’être davantage engagé comme citoyen dans la société grâce à leur implication dans un écolieu1.
Le contexte : 1 Français·e sur 3 réside dans une commune rurale. Cette proportion représente environ 22 % des actifs occupés, soit environ 5,7 millions de personnes travaillant en zone rurale.
À retenir : 63% des habitant·es en écolieu sont actifs, 85% ont fait des études supérieures, 58% à Bac +5 et 94% trouvent du sens à leur activité professionnelle2, contre 52% des adultes français qui travaillent .
Exemple de projet : Le pôle territorial de coopération économique (PTCE)3 TERA, dans le Lot-et-Garonne crée une épicerie solidaire en vue de relocaliser la production et la consommation agricole, ouvre un centre dédié de formation dédié à l’éco-construction... En s’appuyant sur une monnaie locale, TERA contribue à favoriser l’économie locale puisque cette devise, l’Abeille, n’est utilisable que dans les commerces de proximité.
Le contexte : En France, on recense 341 950 monuments dont 295 800 monuments patrimoniaux non protégésau titre des monuments historiques et 67 400 monuments patrimoniaux non protégés en état critique4. Plus de 7 000 sites en péril ont été signalés depuis 20185. Les édifices religieux sont particulièrement touchés :2500 à 5000 édifices sont menacés d’abandon, de vente et de destruction d’ici à 2030 et 500 ont déjà fermé6.
À retenir : 90% des oasis sont situées en milieu rural. Les lieux de patrimoine rénovés par les oasis vont du château (Château Partagé, Château Pergaud, Château de Bardonenche...) au patrimoine industriel (Moulinage de Chirols, Moulin au bois...) en passant par le patrimoine religieux (Arche de Saint Antoine, Les Renouées, Le Chalutier...)
Le contexte : À l'échelle du territoire métropolitain, la perte d'intégrité de la biodiversité est estimée à 61 % pour les vertébrés et à 70 % pour les plantes.
À retenir : Vivre en écolieu permet de réduire de 50% son empreinte carbone7: un·e habitant·e d'un écolieu émet 4,9 tonnes de C02 par an, contre en moyenne 10,1 tonnes pour un·e Français·e. Cela est particulièrement bénéfique pour la biodiversité.
Exemple de projet : la Bigotière en Ille-et-Vilaine, où les habitant·es ont créé le "Bigoscope", un observatoire de la biodiversité, permettant de suivre le retour d'espèces telles que le grillon des champs, le hérisson et la grande marguerite.
Contexte : Aeux seuls, les plus de 75 ans représentent 10,4 % de la population, début 2024, en augmentation de 1,6 point depuis 2010. Selon les estimations de l'Insee, la part des personnes de plus de 75 ans devrait progresser pour s'établir à 16,4 % en 2050, faisantpart égale avec celle des personnes âgées de 60 à 74 ans.
À retenir : Vieillir en oasis, c’est…
Exemples de projets : Geckologis, Les Colibres, Les Aînés du Plessis...
Contexte : Les Français·es sont de moins en moins nombreux·ses à se rendre aux urnes, avec des taux d’abstention qui varie selon les scrutins entre 20 et 50%.
À retenir : Les oasis participent à la vie démocratique à plusieurs niveaux :
Dans le cas ou la collectivité n’a pas de budget à consacrer à de la réserve foncière, l’aide des Établissements Publics Fonciers (EPF) permet de capter le foncier disponible et d’avoir le temps de mettre en place les bonnes conditions de développement de projet d’écolieux.
Le foncier ; lorsqu’il est déjà maîtrisé par la collectivité, peut également être mis à disposition de collectifs via des baux locatifs (c’est le cas par exemple à la Caserne Bascule à Joigny), voire des baux emphytéotiques.
B. Comprendre les besoins spécifiques en terme d'urbanisme (ERP, habitats légers...)
Travailler en amont avec les collectifs permet d’anticiper les besoins et de créer les bonnes conditions d’installation sur le territoire. Ce travail d’anticipation peut se faire en mettant en place, une fois un foncier identifié, des ateliers publics d’information pour échanger sur les contraintes du lieu et recueillir les besoins.
Les oasis sont souvent un mode d’habiter inconnu ou mal perçu par les élus ou les agents. Les collectivités peuvent bénéficier de formation en se renseignant auprès des structures d’accompagnement locales (voir site du RAHP).
La Coopérative Oasis peut aussi, en partenariat avec le CNFPT, mettre en place une formation à destination des agents territoriaux afin de les acculturer aux nouvelles façons d’habiter. Cette formation pourrait être structurée autour de 3 points :
Exemple : l’écolieu MasCobado à Montpellier à déjà accueilli :
D. Soutenir financièrement les projets
Les projets inclusifs sont des projets permettent aux personnes fragiles de pouvoir habiter dignement un logement le plus longtemps possible. Ces projets accueillent des personnes âgées, des personnes autonomes en situation de handicap et, pour la mixité, de jeunes foyers actifs.
Les collectivités territoriales (communes, EPCI, départements) ont un grand rôle à jouer pour le développement de ce type de projets car elles disposent de moyens pour aider ces projets sur les plans financiers et organisationnels.
Exemple : le Hameau des Rosiers à Saint Laurent la Vernède dans le Gard
Ce projet travail avec la commune, le département, les institutions comme caisse de retraite (CARSAT), CNSA, CFHI, MSA... afin de trouver des financements pour accueillir des personnes à la retraite du territoire sans grand patrimoine. Objectif : maintenir une autonomie chez ces personnes le plus longtemps possible afin d’éviter l’engorgement des EHPAD.
Les collectivités ou PECI ayant un bailleur social public ou étant sur le territoire d’action d’un bailleur social public peuvent aider les projets à faire du logement social dans des zones ou les bailleurs ne veulent pas aller au travers du dispositif d’intermédiation locative.
Ce dispositif permet à un bailleur qui a fait construire ou rénover un bâtiment intégrant du logement social de déléguer la gestion locative à une association habilitée. Les associations d’habitant·es pourraient devenir des associations habilitées à gérer leur patrimoine pour le renouvellement des locataires. Ce qui aide à maintenir une offre de logement social dans des territoires ou les bailleurs ne veulent pas aller et ou l’offre fait cruellement défaut pour les personnes du territoire qui ne trouvent plus où se loger.
Pour les projets qui créent des logements non spéculatifs en les sortant du marché immobilier par le biais du statuts de “coopérative d’habitant·es”, il est nécessaire de créer un dispositif permettant à ces coopératives de pouvoir bénéficier des mêmes types de prêts bancaires que les bailleurs sociaux. Ce sont des prêts conventionnés permettent d’atteindre une rentabilité sur le long terme. Ce type de prêts permettrait de créer du logement locatif à loyer modéré dans les territoires dit “détendus” et ou pourtant localement on ne trouve rien à louer (territoires touristiques ou toutes les propriétés sont achetées par des non locaux et habitées un mois par an).
Un partenariat avec SOLiHA, pour l’aide à la construction et la rénovation de biens immobiliers afin de préserver du logement à loyer modéré avec de l’intermédiation locative (https://soliha.fr/).
Exemple de projet : Geckologis, une oasis au service du développement territorial
Geckologis est une oasis de forme « coopérative d’habitants » de 11 logements installés à Sanilhac-Sagries, à côté d’Uzes dans le Gard. Ce projet s’est réalisé avec un partenariat fort avec la collectivité qui a permis aux membres du collectif de participer à la réflexion pour la création de ce nouvel petit éco-quartier.
Le groupe avait dès le départ la volonté d’être acteur sur son territoire et propose aujourd’hui de nombreux services comme :
Ce projet a reçu le soutien :
Ce projet a pu s’ancrer sur son territoire grâce au travail en amont de l’installation réalisé en partenariat avec la collectivité et aussi grâce à un collectif volontaire répondant aux besoins du territoire.
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